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DES ACTEURS RECENTRENT LE DEBAT

Mardi 1 Septembre 2020

Le départ du docteur Alioune Sarr aurait-il été acté au point que son remplaçant soit déjà désigné ? Si tout relève encore de la spéculation, les acteurs de la lutte refusent d’avoir une fixation sur le changement de la direction et d’hommes. Ceux interrogés, estiment que la question est ailleurs, notamment au niveau d’un changement de démarche dans la gestion de la discipline et de bonnes capacités managériales. Sans occulter de bonnes représentations des différentes composantes de la lutte au sein de la structure. Mais aussi en s’adossant sur une réglementation acceptée et applicable. Autant d’exigences qui, de leur point de vue, priment sur le seul changement d’équipe.

PAPA ABDOU FALL, PROMOTEUR : “Notre première combat doit être d’éradiquer la pandémie”
La question du départ d’Alioune Sarr agitée depuis quelques temps ne doit pas occulter les véritables urgences dans la lutte. C’est l’avis du promoteur Pape Abdou Fall. Selon lui, le combat contre la Covid-19 doit aujourd’hui primer sur tout. “Je pense que l’on doit unir nos forces pour combattre la Covid-19. Notre premier combat doit être d’éradiquer la pandémie au lieu de conjecturer sur le futur président du CNG. Il est bien de parler du départ du docteur Alioune Sarr mais, il serait mieux que les lutteurs et les acteurs fassent également leur propre introspection”, répond-t-il. Pape Abdou Fall pense qu’il il faut recentrer le débat sur certains facteurs qui bloquent le fonctionnement de la lutte et liés à une question de comportements et de démarches des propres acteurs. «Si les acteurs ne changent pas de démarches, de comportements, il sera difficile de gérer la lutte. Même si vous amenez le président des Etats-Unis comme président, si les propres acteurs ne changent pas de comportements, rien ne marchera et on sera au même niveau», soutient-il. «Je trouve que certains sabotent la discipline. On ne peut pas être sanctionné si on est en conformité avec le règlement”, relève t-il. En guise d’exemple, le promoteur fait état des multiples manquements notés dans l’organisation des affiches souvent «imputables aux acteurs de lutte», souligne-t-il avant de poursuivre : “les lutteurs ont souvent fait fi des règles qu’on leur fixe. Pour les signatures de contrats, on le voit, on a des difficultés pour faire respecter le règlement établi. On ne respecte quasiment pas les heures de convocation. Tout comme lors des combats” regrette-t-il. Selon lui, le futur, le futur président doit avoir des interlocuteurs crédibles. “On ne peut pas juger sur la tête du client. On pourrait le regretter. Protégeons la lutte en mettant de côté les considérations personnelles. Alioune Sarr a beau être sévère mais, il faut savoir que les règles les plus élémentaires ne sont pas respectées par les acteurs. Il faut préserver le minimum de sérieux et de garanties que l’on a actuellement. Si on le perd, on aura des regrets”, avise le promoteur.

BIRAHIM NDIAYE, ANCIEN LUTTEUR : “Le prochain président du CNG devrait disposer de capacités managériales et de qualités intellectuelles”
Birahim Ndiaye n’entrevoit pas un ancien lutteur à la tête du futur bureau du CNG. L’ancienne gloire de la lutte pense que le prochain président de la structure devrait disposer aussi bien de capacités managériales que de qualités intellectuelles. Ce qui, de son point de vue, ne se trouve chez aucun des lutteurs en activité ou encore des anciens lutteurs. “Aucun lutteur n’a actuellement le profil de diriger le CNG. Si on sait que nous avons une certaine mentalité. Celui qui dirigera, sera immanquablement en proie à des attaques. On peut vite l’accuser de travailler pour un groupe et même pour une ethnie”, fait-il remarquer. “Les lutteurs peuvent à la limite intégrer le bureau en gérant certaines commissions. Ce serait une anomalie d’avoir un bureau sans les représentants des lutteurs. Des anciens lutteurs ont intégré la CNG mais ils ont vite senti qu’ils n’étaient pas à leur place. Ils n’avaient pas voix au chapitre”, ajoute-t-il. Le renforcement du règlement et de son strict respect revêtent aux yeux de l’ancien champion de l’écurie de Fass des années 70 et 80 comme les défis les plus actuels pour le bon devenir de la lutte. “Il n’y a pas un règlement vigoureux comme au football qui impose un règlement strict. On ne respecte pas les coups d’envoi contrairement à des disciplines comme football. Ici, on laisse des combats tirés en longueur jusqu’à 22h. Il y a énormément d’irrégularités dans le fonctionnement de la lutte et c’est mieux d’en parler que de se focaliser que sur le départ ou pas du président. La lutte a besoin d’un bon manager mais aussi d’une équipe qui mettra en place d’un règlement adéquat qui accompagnera cette gestion. Le président Alioune Sarr a fait 26 ans mais il a une qualité que personne ne lui dénie. Quand il prend une décision pour sanctionner, il va jusqu’au bout”, soutient l’ancien lutteur.

DOUDOU DIAGNE DIECKO, PRESIDENT ASSOCIATION DES AMATEURS : “Le départ de Alioune Sarr ne relève que de la spéculation”
La question du départ de Alioune Sarr à la tête du CNG de lutte n’est pas d’actualité au sein de l’Association des amateurs de lutte. Doudou Diagne “Diecko” pense que son organisation n’a aucun profil à proposer au ministre des Sports, à l’heure du choix du prochain président de la structure dirigeante. “Aujourd’hui, tout ce que l’on avance sur le départ de Alioune Sarr ne relève de la spéculation. Seul le ministre des sports a cette prérogative de faire les consultations nécessaires. Il ne subit aucune influence. Nous n’avons pas un candidat à proposer. Il n’y a pas de candidatures, ni d’élections. Tout ceux qui parlent et s’agitent donc sont à la recherche du buzz ou même de trafic d’influence”, relève-t-il. En attendant, le président du bureau des amateurs ne manque pas de rappeler les exigences du monde de la lutte et qui, à son sens, devraient être prises en compte dans la nouvelle gestion de la lutte. “Le prochain président du CNG ne doit pas avoir la liberté de choisir ses collaborateurs, son équipe. Il faut que les managers, les lutteurs, les promoteurs qui sont les bailleurs soient représentés. Un lutteur ne doit pas être qu’un conseiller. C’est très important et le ministre des sports doit y veiller”, indique-t-il.

  “LE PROBLEME AVEC LA GESTION DU DOCTEUR ALIOUNE SARR”

Poursuivant son analyse, le président Doudou Diagne Diecko ajoute que le problème avec la gestion de l’équipe du docteur Alioune Sarr c’est de n’avoir pas tenue de manière régulière des assemblées générales d’informations. Si ce n’est que durant ces deux dernières saisons. “Le CNG était en déphasage avec l’article 4 de l’arrêté du ministre des sports qui lui demande de faire un AG d’information. Cela n’a été respecté que durant les deux dernières saisons”, déplore le président des amateurs.

Lexpress.sn

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